
Aux origines méditerranéennes de l’argent.
Dater, caractériser et comparer les vestiges miniers et métallurgiques.
Le territoire de l’Iglesiente, dans le sud-ouest de la Sardaigne, constitue l’un des principaux bassins de production de plomb et d’argent de la Méditerranée. Exploités de manière discontinue depuis la protohistoire jusqu’à l’époque contemporaine, ses gisements ont alimenté sur la longue durée les économies antiques et médiévales. Pourtant, malgré l’abondance des sources textuelles — en particulier pour le Moyen Âge — les vestiges archéologiques de la production minière et métallurgique demeurent encore très largement méconnus et rarement datés.
Le projet combine prospections, sondages et fouilles ciblées à des méthodes innovantes : topographie et photogrammétrie des mines, analyses géochimiques des sols et des scories, carottages anthracologiques et traçages isotopiques des minerais. L’objectif est de restituer la chronologie des exploitations, les techniques mises en œuvre, l’organisation sociale du travail minier et les impacts environnementaux de cette activité sur le temps long.
Dans ce territoire marqué par des réoccupations successives, l’un des principaux enjeux scientifiques réside dans la datation précise des ateliers, des rejets et des phases d’abandon. Le financement d’Arpamed est consacré à la réalisation des datations radiocarbones et des datations par luminescence stimulée optiquement (OSL) appliquées aux quartz contenus dans les scories et les sédiments. L’OSL ainsi que d’autres méthodes de datation permettent de distinguer les différentes phases d’exploitation, souvent superposées, et de constituer des corpus chronologiques cohérents.
Les résultats attendus permettront de bâtir un référentiel chronologique et géochimique des productions sardes, indispensable pour les études de provenance des métaux anciens à l’échelle méditerranéenne. Le projet contribuera ainsi à mieux comprendre la place de la Sardaigne dans les réseaux d’échanges du plomb et de l’argent, de la protohistoire au Moyen Âge, tout en valorisant un patrimoine minier majeur.
Projet porté par Nicolas Minvielle Larousse, chargé de recherche au CNRS.
Montant du financement accordé : 10 500 €.
Institution partenaire : École française de Rome.
Photos :
- Ruine d’une fonderie médiévale © Céline Tomczyk
- Ancien puits de mines © Céline Tomczyk