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Arles : étude d’un port antique et de ses bateaux

Arles — France

Fouilles archéologiques dans le Rhône.

Etude exhaustive de différentes épaves romaines et médiation autour de l’archéologie subaquatique.

Projet 2024, réalisé en 2025.

Le site portuaire de la colonie romaine d’Arles se caractérise par la présence de vastes dépotoirs portuaires situés sur la rive droite du Rhône. Les missions de carte archéologique du Rhône (1989-2019) ont permis la découverte d’une vingtaine de sites identifiés comme des épaves dont une douzaine antique (datées du Ier au IVe s apr. J.-C.). Ces épaves ont fait l’objet d’investigations et d’études inégales. A la suite d’une demande d’intervention du conservateur du Service régional de l’archéologie, un nouveau projet a vu le jour pour réaliser un inventaire et une expertise des épaves romaines du Rhône arlésien et du contexte portuaire dans lequel elles s’insèrent.

Entre le 25 août et le 3 octobre 2025, une mission archéologique conjointe conduite par le musée départemental Arles Antique, le Centre Camille Jullian et l’Inrap, avec la collaboration du Drassm et du musée nationale de la Marine et Ipso Facto, a exploré plusieurs sites dans le Rhône, malgré une visibilité souvent très faible. Trois opérations principales ont été menées :

  • Fouille de l’épave AR15 : une petite barque de moins de 5 mètres, datée du Ier siècle, bien conservée. Entièrement fouillée, elle a fait l’objet de photogrammétries et de prélèvements de bois pour identifier les essences utilisées. Des carottages subaquatiques ont été réalisés pour reconstituer la berge antique et mieux comprendre le contexte environnemental du site.
  • Prospections et sondage : découverte de madriers en chêne de 17 mètres et d’un dépotoir portuaire du Ier siècle, révélant les limites du port antique d’Arles. Une membrure isolée a permis d’identifier un bateau maritime d’environ 20 mètres, la future épave AR25.
  • Fouille de l’épave AR7 : un bateau de type allège du IIIe siècle, mesurant environ 15-20 mètres, partiellement dégagé sur une partie de sa poupe mettant en évidence une extrémité pincée. Un sondage dans le dépotoir recouvrant l’épave a révélé un trésor de plus de 850 monnaies dont une majorité sont datées des IIIe et IVe s. apr. J.-C. L’épave a été documentée par photogrammétrie et prélèvements de bois pour analyses futures, avec des campagnes complémentaires prévues en 2026 et 2027 pour son étude complète. AR7 est particulièrement remarquable pour sa construction méditerranéenne antique, très différente des chalands gallo-romains : les planches du bordé sont assemblées par tenons et mortaises, et les pièces de renfort de la coque jouent un rôle secondaire.

Les opérations ont été dirigées par Pierre Poveda (CCJ/CNRS) pour la fouille de l’épave AR15, Sabrina Marlier (musée d’Arles) pour la fouille de l’épave AR7 et David Djaoui (musée d’Arles) pour les prospections-sondages en co-direction avec Alex Sabatia (Inrap).

Ces découvertes apportent des informations précieuses sur l’architecture navale antique, la navigation, le commerce et le port fluviomaritime d’Arles à l’époque romaine.

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Malgré les conditions très difficiles de plongée et la visibilité réduite, les récentes avancées technologiques (photogrammétrie…) ouvrent des perspectives considérables tant sur la manière de fouiller et de documenter les épaves que sur la médiation auprès des publics. L’acquisition de documentation 3D permettra de proposer aux publics des plongées virtuelles dans le Rhône, via un casque de réalité virtuelle, à la découverte des épaves et du dépotoir portuaire regorgeant de millions d’objets, notamment amphores et céramiques.

 

Montant du financement accordé : 4 700 €.
Institution partenaire : Musée départemental Arles antique, Conseil départemental des Bouches du Rhône.

 

Photos :

  • Trésor de plus de 850 monnaies dont une majorité sont datées des IIIe et IVe s. apr. J.-C. in situ AR7 © Lionel ROUX CCJ CNRS.
  • Plateforme de travail RHO8879 © Lionel ROUX CCJ CNRS.
  • Mesures et prélèvements sur l’épave AR15 RHO9515 © Lionel ROUX CCJ CNRS.

 

Projet porté par David Djaoui (MDAA/CD13), archéologue, spécialiste de l’étude des amphores et des inscriptions peintes.