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Heurs et malheurs du temple d’Athéna à Delphes

Delphes — Grèce

- Fouille de la cavité d’effondrement du sol et de la toiture de la péristasis nord du Temple en tuf d’Athéna, 2022 © EFA/Delphes-Marmaria, Sandrine Huber.

Le temple en tuf d’Athéna Pronaia à Delphes.

 

Analyse des vestiges d’une destruction : sol, charpente et couverture.

À Delphes, au pied du mont Parnasse, l’accès au sanctuaire d’Apollon passait par le sanctuaire d’Athéna Pronaia (« en avant du temple », i.e. d’Apollon). Installé sur la terrasse de Marmaria, en contrebas du sanctuaire principal, le temple d’Athéna constituait une étape incontournable pour les pèlerins et les cités avant la consultation de l’oracle.

Édifié à la fin du VIᵉ siècle av. J.-C. en tuf, le temple était richement décoré et abritait des offrandes prestigieuses, dont des statues monumentales et un bouclier d’or offert par le roi Crésus. Son implantation dans un environnement spectaculaire mais instable – failles sismiques, parois rocheuses des Phédriades, risques de glissements et d’écoulements violents – exposait le monument à de multiples aléas naturels.

Les fouilles récentes (2022-2024) ont révélé, dans l’aile nord, un niveau de destruction exceptionnellement bien conservé. Toiture effondrée, charpente en bois carbonisé avec clous en place, fragments architecturaux et lambeaux de sol antique témoignent d’un accident brutal survenu alors que le temple était encore en activité. La chronologie et l’origine de cette destruction restent à préciser : glissement de terrain, séisme ou instabilité hydro-sédimentaire sont envisagés. Cet angle mort dans l’histoire du temple, longtemps ignoré, constitue le cœur de l’étude soutenue par Arpamed.

Le projet associe archéologues, architectes, géologues et spécialistes des matériaux afin de reconstituer la dynamique de l’accident, de caractériser les techniques de construction, d’identifier les mesures préventives et réparatrices, et de comprendre la vulnérabilité du temple face aux risques naturels. L’analyse de sols, mortiers, tuiles, charbons et clous permettra de dater plus finement les phases de construction et de réfection et d’évaluer le poids et la stabilité de l’édifice sur ses fondations.

 

Projet porté par Sandrine Huber, Professeure en Archéologie grecque, directrice-adjointe de l’UMR 9078-HARTIS à l’Université de Lille, co-responsable, avec Didier Laroche, du programme « Delphes, la terrasse du sanctuaire d’Athéna Pronaia ».

 

Montant du financement accordé : 4 620 €

 

Institution partenaire : École française d’Athènes.

 

Photos :

  • Vue d’ensemble d’une partie des monuments érigés sur la terrasse de Marmaria depuis le nord-est. De gauche à droite (est à ouest) : au premier plan le temple d’Athéna Pronaia, puis les trésors dorique & ionique (trésor de Marseille) et la tholos. © Ministère grec de la Culture/EFA/Delphes-Marmaria, Sandrine Huber, 2023.
  • Fouille de la cavité d’effondrement du sol et de la toiture de la péristasis nord du Temple en tuf d’Athéna, 2022 © Ministère grec de la Culture/EFA/Delphes-Marmaria, Sandrine Huber.