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Papyrus médiévaux des Archives nationales

Paris — France

Restauration et conservation des papyrus mérovingiens et carolingiens des Archives nationales.

 

Restauration et reconditionnement en parallèle d’une nouvelle étude du corpus.

 

Projet soutenu en 2025.

Les Archives nationales conservent un ensemble exceptionnel de documents médiévaux rédigés sur papyrus, principalement datés des périodes mérovingienne et carolingienne (VIIe–IXe siècle), constituant une collection unique par son ampleur et sa diversité. Ces pièces rassemblent des actes issus de la chancellerie royale, des documents pontificaux ainsi que des productions d’origines variées, publiques ou privées, dont certaines sont liées à des figures majeures du haut Moyen Âge, telles que le roi Dagobert, et offrent un témoignage précieux des pratiques administratives, politiques et religieuses de l’époque.
Elles incluent également des documents remaniés ou falsifiés au XIe siècle, notamment dans le cadre des conflits opposant l’abbaye de Saint-Denis à l’évêque de Paris, révélant des usages stratégiques de l’écrit.

Rédigés sur un support d’origine égyptienne peu adapté aux conditions climatiques de l’Europe occidentale, ces papyrus présentent aujourd’hui un état de conservation fragile. L’objectif du projet PapMedAn (Papyrys Médiévaux des Archives nationales), initié en 2020 et soutenu par la Fondation des Sciences du Patrimoine (FSP), vise à analyser les manuscrits et leurs matériaux, à mieux comprendre les pratiques de l’écrit médiéval : ils ont été observés et photographiés sous différents éclairages, notamment à l’aide de microscopes ultraviolet et infrarouge, afin d’étudier fibres et encres ; l’imagerie multispectrale et la spectrométrie de fluorescence des rayons X ont permis d’engager l’identification des composants des encres et de repérer des traces de falsifications ou d’anciennes restaurations.

En 2025, des analyses scientifiques de pointe ont été menées, permettant d’identifier encres, fibres et traces de restaurations anciennes, d’examiner la composition chimique des manuscrits et de préparer leur conservation durable :

  • imagerie multispectrale et spectrométrie de fluorescence des rayons X par le laboratoire du Centre de Recherche sur la Conservation (CRC) ;
  • observations sous microscopes UV et infrarouges par Solène Girard ;
  • les matériaux destinés au reconditionnement futur (verres, encadrements…) ont été sélectionnés et testés.

En 2026, le projet entre dans une nouvelle étape :

  • de nouvelles analyses approfondies permettront d’étudier encore plus finement les encres et les techniques de falsification ;
  • les matériaux de conservation seront acquis grâce au mécénat d’Arpamed ;
  • les premières opérations de restauration et reconditionnement des papyrus commenceront ;
  • une mission d’expertise à Amiens, menée par Marie-Adélaïde Nielen et Solène Girard, comparera un papyrus pontifical du IXᵉ siècle au corpus parisien afin de mieux comprendre les pratiques et matériaux utilisés.
Montant total du financement accordé : 50 000 €.
Institution partenaire : Archives nationales.

Photos :

  • Spectrométrie de fluorescence X © Archives nationales.
  • Table lumineuse © Archives nationales.
  • Bulle du pape Léon III (K//7 pièce 16/2). Léon III confirme les privilèges accordés à l’abbaye de Saint-Denis. 27 mai 798-copie du XIe siècle (?). Pseudo-original. Au verso d’un diplôme original d’un fils de Clovis II (K 2, n° 5) © Archives nationales.

 

Projet porté par Marie-Adélaïde Nielen, conservateur en chef du Patrimoine aux Archives nationales (Département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime), et Solène Girard, restauratrice du patrimoine.

 

Partenaires du projet :